Après avoir parcouru le monde, Julien revint parmi les siens.
<o:p></o:p>Les siens .
<o:p></o:p>Pas de véritable famille pourtant, ici.
<o:p></o:p>Sa mère, morte deux ans auparavant. La lettre dun notaire reçue trois mois après le décès, lors dune escale, il ne savait plus où .
<o:p></o:p>Pas de père. Mort lannée de sa naissance. Pas de sur ni de frère. Pas doncle, pas de tante, pas de cousins
<o:p></o:p>Qui étaient donc les siens ?
<o:p></o:p>Les hommes et les femmes de ce pays ressemblaient aux hommes et aux femmes de tous les pays quil avait visités. Riches deux-mêmes et pourtant transparents.
<o:p></o:p>Beaucoup de rencontres passionnantes, toujours, à chaque fois. Des autres, il avait appris lhumilité.
<o:p></o:p>Cétait beaucoup. Cétait suffisant.
<o:p></o:p>Après avoir traversé maintes frontières, franchi des ponts, parcouru des villes, Après avoir pris le train, lavion, le bateau, un nombre incalculable de fois, il se retrouvait aujourdhui sur le quai dune gare, faisant partie du paysage, ni plus, ni moins.
<o:p></o:p>Ça aurait pu être nimporte où Il aurait pu poser ses valises en Asie, en Afrique, ou ailleurs, mais non, cétait ici quil était revenu, à lendroit même doù il était parti.
<o:p></o:p>Ce nétait pas un hasard.
<o:p></o:p>Bouclée la boucle. Il le fallait.
<o:p></o:p>
Il ne prendrait plus le train. Il ne lèverait plus les yeux, depuis la fenêtre de sa chambre, au passage dun avion, là haut, la nuit
Il ne regrettait rien. Nécessité de son départ, nécessité de rompre
Mais on revient toujours. Chercher. On se cherche, on se trompe, mais il faut y aller. Toujours plus loin, pour apprendre, pour se réconcilier. Comment savoir autrement ?...
Tout est là. Mais il fallait partir pour sen rendre compte .
Julien prend ses valises et séloigne. Tout recommence, toujours . Il suffira maintenant de faire le tour du lac. Daller prendre un café. De sasseoir au bord de leau. De regarder, profiter de linstant . Sourire
Dire bonjour ! Belle journée nest ce pas ?
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