<o:p> </o:p>
Nathalie aime les chats.<o:p></o:p>
Depuis très longtemps.
Cest simple, elle ne souvient pas dune maison sans eux.<o:p></o:p>
Petite, déjà, elle avait très vite appris à les respecter, ne cherchant jamais, comme le font souvent les enfants, à taquiner le petit rouquin qui dormait sur son lit.<o:p></o:p>
Complices ! Voila . Entre ses chats et elle, se jouait chaque jour que Dieu fait, la mélodie du bonheur. <o:p></o:p>
Jusque là, rien que de très banal, me direz vous...<o:p></o:p>
Oui, bien sûr, beaucoup dhumains aiment les chats Beaucoup d'humains aussi ne les aiment pas et pas mal aussi s'en foutent complètement...<o:p></o:p>
Mais, si on les aime, ce n'est jamais par hasard.<o:p></o:p>
Si Dieu a créé les chats afin que les humains ne soient pas trop frustrés de ne pas pouvoir caresser les tigres, il a tout de même donné à ses petites créatures les mêmes caractéristiques de comportement quà ses congénères plus imposants.<o:p></o:p>
En premier lieu, il a souhaité que chez les félins, tout soit admirable... Leurs jeux, leur démarche, leurs étirements, leur sommeil...<o:p></o:p>
Quand ils dorment, pas possible davoir lair plus détendu !
Même quand ils font pipi, ils trouvent le moyen dêtre beaux.<o:p></o:p>
Qui dit mieux ?<o:p></o:p>
Et quand ils vous regardent,... alors Passons <o:p></o:p>
Pour les apprécier, il faut donc posséder un goût certain de lesthétique. <o:p></o:p>
A trente quatre ans bientôt, mariée et mère de deux adolescentes espiègles et ravissantes, heureuse maîtresse bienfaitrice de 3 petits félins miniatures, Nathalie ne se lassait pas de samuser des jeux et des facéties de Minus, le jeune chaton, ou de contempler attendrie, le sommeil paisible et rassurant des deux aînés, Diabolo et Fripouille.<o:p></o:p>
Dans une pareille maison, comment ne pas se sentir heureux et détendu .<o:p></o:p>
Suffisait de voir Diabolo endormie, les yeux clos, la tête dans le prolongement du ventre, aplatie sur le dossier du canapé, les pattes écartées afin de mieux jouir de lassise arrondie et confortable, pour savoir que cétait Nathalie qui était hébergée par ses chats, plutôt que linverse <o:p></o:p>
Et comment ne pas rire franchement des espaces minuscules et saugrenus que choisissait Minus pour accomplir ses galipettes, tandis que Fripouille, le gros matou assis comme un bouddha dans son pot de fleurs suivait des yeux, imperturbable et distant, les contorsions, ridicules selon lui, du chaton <o:p></o:p>
« Quelle famille ! » pensait Nathalie. « Comme ils sont beaux tous les trois et quelle chance jai de pouvoir profiter de leur présence ! . »<o:p></o:p>
Bien sûr, les meubles, le dossier du canapé, les montants de portes nétaient pas ravis de servir dexutoires aux étirements griffus de la famille félidée, mais bon, ils subissaient avec discrétion et sans se plaindre.<o:p></o:p>
Bien sûr, il nétait pas facile non plus de faire le ménage, mais Nathalie et ses filles privilégiaient la vie et les dégâts occasionnels quelle engendre à lagencement rigoureux et froid dune maison bien tenue mais forcément un peu glacée.<o:p></o:p>
Si lon porte un regard indifférent sur les chats, on ne les voit pas car ils vous ignorent. Mais si on les aime, et que lon respecte profondément leur indépendance, on saperçoit alors quils vous remercient et vous rendent votre affection, dune manière certes discrète et pudique, mais dautant plus attachante que vous pensez lavoir méritée. <o:p></o:p>
Nathalie savait cela.
Elle savait par exemple que Fripouille observait beaucoup, sans en avoir lair. Il avait beau ne laisser filtrer quun semblant de regard entre ses paupières mi closes, il savait le rendre pointu quand un intrus pénétrait dans son territoire, et Nathalie devinait ce que ressentait alors son flegmatique bouddha.<o:p></o:p>
Elle avait appris à se fier au jugement de son cerbère. <o:p></o:p>
Lapprobation du vénérable se manifestait par la fermeture complète des paupières, le retour à la nonchalance et au recueillement, la désapprobation par un déménagement rapide vers un coin plus abrité.<o:p></o:p>
Et le jugement de Fripouille rejoignait, la plupart du temps, le sien.<o:p></o:p>
Minus, lui, était trop jeune. La plupart du temps, le chaton faisait le clown, comme tous les chatons, ou bien il tombait, comme une masse. Mais Nathalie pensait quil deviendrait futé et méfiant lui aussi, tout en conservant sans doute un côté espiègle <o:p></o:p>
Diabolo demandait beaucoup dattention. Toujours en demande de câlins, il lui fallait une présence. Nathalie sen occupait beaucoup. Il est vrai que ses genoux demeurait lendroit le plus confortable de la maison pour la petite minette chétive, encore jeune, qui ne ménageait pas, une fois confortablement installée, les ronronnements sonores et approbateurs.<o:p></o:p>
Une vie banale ?...
Peut être, pour certains...<o:p></o:p>
Mais la véritable richesse nest elle pas dans lamour que lon donne et qui vous revient en retour ? <o:p></o:p>
En tout cas, moi, jaime bien Nathalie et ses chats. <o:p></o:p>
Elle ma dit que la première fois que jétais venu la voir, Fripouille, assis dans son pot de fleurs navait pas bougé, et ça, cétait quelque chose !.... <o:p></o:p>
Bisous, Nathalie .
------------------------@--------------------------
<o:p></o:p>