Icare s'est brûlé les ailes pour avoir volé trop près du soleil. Le mythe fait allusion au désir de l'Homme d'aller toujours plus loin, au risque de devoir se retrouver face à face avec sa condition de simple être humain.
Le désir d'Icare est un désir d'absolu, un mirage, qui nous pousse à tendre vers la perfection... (Dans le bien ou dans le mal, peu importe). Il y a en nous, toujours, le besoin de se surpasser, d'être plus... afin d'échapper à sa condition d'insecte humain limité. Osez donc me dire que vous ne rêvez pas....vous ne tromperez que vous-même....
Parfois, on rencontre une personne avec qui on éprouve une complicité de plus en plus étroite au fur et à mesure des échanges. On ressent des « atomes crochus » qui, avec le temps, se diversifient et s'intensifient...C'est un sentiment à la fois merveilleux et troublant. Cette proximité qui se resserre ressemble au vol d'Icare se rapprochant du soleil.
Va t on décider alors de se brûler les ailes ?
Icare en jeune fou présomptueux n'a pas hésité car les rayons aveuglants de cette complicité merveilleuse l'ont ébloui. Attiré par le soleil, comme un papillon vers la lumière, il a choisi de foncer...et d' y perdre la vie... Mais sa vie, il n'y tenait pas, vraiment.... Sa vie, qu'il jugeait sans intérêt, parce qu'il la subissait. Sa vie qui ne correspondait pas à celle qu'il aurait voulu vivre...Alors, comment faire pour résister à l'attrait de l'astre du jour ?
Mais foutre en l'air une vie, patiemment construite, et à laquelle on tient... Une vie, édifiée pas à pas, pierre après pierre, conquise de haute lutte, à coup de concessions, de renoncements, d'allers retours douloureux,de patience, d'abnégation, d'amour...
Quand on a vécu cette vie là, on hésite à s'envoler vers un soleil illusoire mais pourtant si tentant....
Cette merveilleuse complicité, vivante, bien réelle, que l'on ressent avec ce frère d'âme peut alors devenir souffrance...
Car comment vivre si prés du soleil en évitant de se brûler les ailes ? Comment conserver la chaleur en évitant la brûlure ?
A la fois se sentir bien, et de plus en plus mal...
Paradoxe du désir...et de la complexité des sentiments.
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