L’œuvre d’art
Éternellement ensemble et pourtant pour toujours, séparés.
Pendant la journée, elle se transforme en faucon, et la nuit il devient un loup.
Ils se croisent à l’aube et au crépuscule sans pouvoir se parler.
Isabeau d’Anjou et Etienne de Navarre, victimes de la jalousie de l’évêque d’Aquila qui leur a lancé ce sort, ne pourront à aucun moment du jour ou de la nuit se retrouver ensemble sous leur forme humaine. Sauf à la toute fin, bien sûr….
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Ce film de 1984, « Ladyhawke, la femme de la nuit » de Richard Donner interprété par Rutger Hauer et Michelle Pfeiffer m’a fait penser qu’entre l’artiste et son œuvre, existait un peu la même « malédiction »…. qui finit bien ?
Dés qu’un tableau, un livre ou une musique est achevé il prend son envol et commence à vivre sa propre vie, complètement déconnecté du moule dans lequel il a été conçu.
Comme l’enfant qui naît et qui n’appartient plus désormais à personne.
Mais contrairement à l’enfant qui ne dépendra que de lui-même suivant la façon dont il se pensera, l’œuvre d’art n’aura jamais, par elle-même, de valeur intrinsèque, immuable.
Si elle conservera toujours en son sein, les émotions qui sont à l’origine de sa naissance, celles-ci se dissolvent, changent de couleurs et de forme, évoluent, se transforment en tout autre chose, selon la fantaisie et la personnalité du lecteur ou de l’auditeur qui s’en empare.
Elle est donc, chaque fois « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre » pour reprendre le vers célèbre de Verlaine.
Elle se glisse dans le lit de celui qui l’a choisie, qui l’aime et la chérit, se pliant pour le remercier à tous ses caprices, désirant ce qu’il désire, devenant sa compagne pour de longues minutes, de longues heures, de longues semaines, et parfois, pour la vie.
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