• Poussière d’étoile…

     
     
    poussiere d'étoile

     

    CHAPITRE 1



    - Papa ! Papa ! Regarde ce que j’ai trouvé !

    Antoine tourna la tête en direction de la plage. Agrippé au manche de sa pelle, il inclina la tête, mit sa main en visière devant ses yeux pour se protéger du soleil et attendit que son fils le rejoigne.

    Essoufflé, les yeux brillants et ronds comme des billes, le gamin tendit vers son père une main grande ouverte.

    - Que se passe t-il fiston ?

    - Tu ne vois pas ? Regarde ce que j’ai trouvé ! Sur la plage, prés des rochers…

    Le papa, qui aimait beaucoup son petit garçon de cinq ans, toujours prêt à s’enthousiasmer de ses découvertes, s’exclama :

    - Mon Dieu ! Mais oui ! Tu as ramassé de la poussière d’étoile !…

    Il se mit à genoux et, tenant la main de son fils dans la sienne, il ajouta.

    - Ou l’as-tu trouvée ? Sais tu que c’est un véritable trésor ! Très rare !

    Julien fixa son père dans les yeux, brusquement intrigué.

    - De la poussière d’étoile ?

    - Sans aucun doute ! Regarde !…

    Le papa caressa d’un doigt le petit monticule de sable, dans la main de Julien, écartant délicatement les grains.

    - Tu vois ? Ils brillent légèrement quand on remue ! Ils changent aussi de couleur… N’en perds pas un grain surtout ! Un peu de sable est mélangé à la poussière, mais ce n’est pas grave. Va chercher une petite bouteille dans la maison et prends aussi un petit entonnoir... On va mettre ta trouvaille à l’abri. Allez ! Va vite !

    L'enfant, tout heureux de l’enthousiasme de son père, s’empressa d’obéir et revint avec les objets demandés.

    Délicatement il versa le contenu de sa main dans l’entonnoir déposant la poussière d’étoile au fond du petit bocal que tenait son père.

    Puis, main dans la main, ils se dirigèrent ensemble vers la maison.

    Une bonne odeur de ragoût mijotant sur le feu de la cuisinière les attendait. Julien, encore tout excité, raconta sa découverte à sa mère qui jeta un coup d’œil complice à son mari. Celui ci lui rendit son sourire tout en se lavant les mains dans l’évier.

    - Papa dit que c’est de la poussière d’étoile ! Tu te rends compte ?

    - Si papa le dit, alors, c’est sûrement vrai, dit la maman. Montre un peu encore, pour voir…

    Julien posa la petite bouteille sur la table.

    - Ça ressemble beaucoup à du sable, dit la maman…

    - Oui, mais c’est pas du sable ! Il y en a un peu, bien sûr, mais papa dit que c’est de la poussière d’étoile, je te dis maman !

    - Ah !... Alors… Lave toi les mains et viens t’asseoir. Le repas est prêt.

    Comme Julien engloutissait à toute vitesse le bon ragoût, papa lui toucha le bras et dit :

    - Mange doucement, s’il te plaît. Ça ne sert à rien de te presser, ta découverte est bien à l’abri. Elle ne risque pas de s’envoler.

    Maman regardait son mari et son fils en souriant. « Quel est le plus gamin des deux ? pensa t-elle… »

    Après le dîner, papa bourra sa pipe et, comme chaque soir, sortit prendre le frais dans le jardin.

    Julien vint s’asseoir prés de lui et demanda.

    - Pourquoi tu dis que c’est de la poussière d’étoile ? Comment le sais-tu, d’abord ?

    - Quand j’étais petit, j’avais à peu prés ton âge, mon Grand père – ton arrière grand père donc, - m’a raconté qu’un autre petit garçon du nom de Stefano avait lui aussi trouvé de la poussière d’étoile. Il habitait à Sorrento, prés du bord de mer, dans le Sud de l’Italie. .

    Mais le papa de Stefano ne manifesta aucune surprise quand son fils lui montra ce qu’il avait ramassé sur la plage: « Ce n’est que du sable ! dit il. ».

    Un peu dépité, Stefano décida néanmoins de garder provisoirement sa trouvaille qu’il déposa dans une coupelle sur une étagère de sa chambre.

    Le soir venu, avant de se coucher, il versa le contenu de la soucoupe dans sa main et, levant celle-ci, il fit retomber lentement le sable dans le petit plat. Des particules multicolores s’animèrent alors un moment avant de retomber. Il recommença plusieurs fois l’opération obtenant chaque fois le même résultat. Troublé et excité Stefano fut alors convaincu que ce n’était pas du sable ordinaire !… « Si ça se trouve pensa t-il, cette poussière, possède des vertus magiques… »

    Le lendemain, en se levant, il recommença à jouer avec son sable. Mais rien ne se passa. Pas de couleurs, pas de lumière… La nuit tombée, de nouveau dans sa chambre, penché sur le rebord de sa fenêtre, les grains de sable déplacés recommencèrent à briller.

    Alors, il comprit ! La lune éclairait faiblement la petite pièce mais de nombreuses étoiles brillaient dans le ciel dégagé. Il pensa alors que les grains tiraient leurs couleurs et leur brillant du scintillement des milliers d’étoiles dans le ciel. C’est pour cette raison qu’il baptisa son sable « poussière d’étoile ». Il imagina qu’une des étoiles, tombée sur la terre, s’était désagrégée ainsi, en millions de petits fragments étincelants. Devenue poussière, elle s’était ensuite  mélangée au sable. Voila !

    - Tu comprends maintenant pourquoi j’ai tout de suite pensé à cette histoire quand tu m’as montré ta découverte ?

    Pendant son récit de son père, Julien s’était allongé sur le ventre, le menton posé dans ses mains, buvant littéralement ses paroles, les yeux grands ouverts et un sourire béat sur les lèvres.

    - C’est tout ? Mais après ? Qu’est ce qu’il a fait Stefano ?

    - Après ? Stefano est parti naviguer avec son père. Il lui est arrivé beaucoup d’aventures, mais c’est une autre histoire…

    - Tu me la raconteras ?

    - Si tu veux, mais un autre jour…Allez ! Il est l’heure d’aller au dodo, fiston ! Demain, il y a école…

    A contrecœur, Julien obéit. Au passage, il embrassa sa maman qui n’oublia pas de lui faire sa recommandation habituelle, en lui caressant la joue. « Pense à te laver les dents ! Bonne nuit mon chéri »

    Très excité par l’histoire que venait de lui raconter son père, Julien ne parvenait pas à s’endormir. Il se releva sans bruit, ouvrit la fenêtre et versa le contenu de la fiole dans une petite coupelle, comme l’avait fait Stefano, sur le rebord de la fenêtre. Il refit les mêmes manipulations que le petit italien, égrenant délicatement les grains de sable entre ses doigts. Recommençant plusieurs fois, il eut alors la surprise de voir un des grains de sable, non pas retomber dans le plat, mais au contraire, s’élever doucement vers le ciel. Et la lumière émise augmentait, au fur et à mesure de son ascension.

    Abasourdi, JUlien contempla ce phénomène surnaturel, jusqu’à ce que le grain de sable voyageur disparaisse tout la haut dans le ciel.

    Le lendemain, en se levant, il raconta cet épisode à son père qui répondit :

    - Il est fort possible, tu sais, que les grains de poussière soient aimantés par les étoiles dont ils sont issus. Après tout, c’est la même famille…C’était joli à voir ?

    - Oh, Oui ! Super ! Ce soir je te montrerai…

    - OK ! Salut fiston. Maintenant, va vite car le car ne t’attendra pas ! Bonne journée !

    Mais, le soir venu, quand son père prés de lui l’accompagna dans sa chambre, rien ne se passa. Les grains de sable retombaient doucement dans la coupelle. Aucun ne s’éleva dans le ciel.

    - Peut être que ce soir, aucune étoile n’est parvenue à aimanter les grains de poussière... Peut être faut il que soient réunies certaines conditions climatiques que nous ignorons, dit le papa à son fils, très déçu.

    Les nuits suivantes, alors que Julien renouvelait seul l’expérience dans sa chambre, de nouveaux grains de poussière se détachèrent et, s’élevèrent vers les étoiles.

    Mais chaque fois que l’enfant demandait à son père de venir constater avec lui ce phénomène magique, rien ne se passait.

    Lui ébouriffant affectueusement les cheveux dans un geste coutumier, Antoine déclara en riant que, peut être, les d’étoiles ne vouaient avoir affaire qu’à lui, et que la présence d’un intrus les dérangeait.

    Ainsi, au fil des nuits, le petit trésor de Gilles s’amenuisait. Certains soirs, de nombreux grains s’élevaient en file indienne vers le firmament, dessinant une courbe brillante et gracieuse. Surtout les soirs où, le ciel bien dégagé resplendissait d’étoiles.

    Quand il vit disparaître les dernières particules microscopiques, Julien se sentit très malheureux.

    Ainsi donc, le rituel magique s’achevait. Il pensa tristement qu'il ne retrouverait pas de sitôt sur la plage de la poussière d'étoile…

    Le lendemain soir, pendant le dîner, son papa tenta de le consoler en lui expliquant qu'une nouvelle étoile venait sans doute de naître. Elle brillait maintenant de nouveau dans le ciel, ressuscitée, grâce à lui.

    - Il ne te reste plus qu’à tenter de la reconnaître au milieu de ses sœurs, tout là haut, et à lui donner un nom. Pourquoi ne l’appellerais tu pas… L’étoile de Julien ?…Elle sera… ta « bonne » étoile ! Celle qui, désormais, te portera chance ? On a tous besoin d’une bonne étoile et toi, mon fils, la tienne, tu auras eu le privilège de participer à sa naissance. C’est quand même pas rien ça, non ?

    Julien se fendit d’un sourire et sauta au cou de son papa.

    - Oui ! Conclut il d’un air décidé. Je la chercherai. Je la trouverai. Je la reconnaîtrai… Et elle me suivra partout ! Pas vrai maman ?

    - Oui, mon chéri.

    Les parents échangèrent un regard rempli de tendresse que Julien intercepta avec ravissement.

    Sa bonne humeur retrouvée, il embrassa ses parents en les serrant fort dans ses bras et il monta vite dans sa chambre, inspecter le ciel.

     

    Quand il fut certain d’avoir choisi la bonne, Julien montra son étoile à ses parents.

     

    Prenant son fils dans ses bras, Antoine l’embrassa tendrement et lui dit :

     

    - Je pense que c’est bien celle ci en effet, ta « bonne étoile ». J’aurai choisi la même pour toi.

     

    Une fois couchés, Mélanie dit à son mari.

     

    - Tu sais Antoine, l’étoile qu’a choisi Julien, je trouve qu’elle lui ressemble. Elle est petite, discrète, timide,  et son éclat n’est pas bien vif. Elle semble en retrait, cachée au milieu des autres. Un peu comme notre fils en somme… C’est un bien gentil garçon que notre petit Julien. Trop gentil sûrement. Toujours dans ses rêves… et toi tu l'y encourages. Peut être ne devrais tu pas. Je ne sais pas ce que l’avenir lui réserve, mais parfois, je me fais du souci pour lui…

     

    - Mais non, répondit le papa. Tu te trompes. Julien sait très  bien ce qu’il veut, crois moi ! C’est vrai qu’il a beaucoup d’imagination mais ce n’est pas un mal que je sache ?

     

    - Peut être…Et puis les chiens ne font pas des chats… conclut la maman en souriant.

     

    Ils s’embrassèrent affectueusement et s’endormirent.

     

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    Gilles va grandir… mais cet épisode de son enfance le marquera à jamais…Que lui réserve sa « bonne étoile » ?.....

     

    A suivre….

     

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  • Commentaires

    1
    visiteur_ta petite l
    Mardi 24 Juin 2008 à 14:40
    Ahhhhhh, alors là, c'est pas bien ça!!! me laisser sur ma faim, j'aurais bien aimé moi, discrètement, connaitre la suite de l'histoire!!!
    lol
    Tu sais bien qu'on aime te lire pourtant, enfin je parle pour moi, je suis partie un peu avec les petits grains, en pensée, c'est très très joli, et c'est vrai que c'est beau de rêver...

    un gros bisous à toi mon Juju, et à bientôt...
    2
    visiteur_furious4
    Samedi 28 Juin 2008 à 01:11
    je suis d'accord julien tu nous met le gateau devant les yeux et puis tu nous l'enlève on aimeait bien pouvoir le partager avec toi tu nous offre du rêves avec tes textes et on ne se lasse pas de les lire pourquoi ne pas partager avec nous cette poussière d'étoile ???.....bizoussss julien
    3
    Epicure
    Samedi 5 Décembre 2009 à 07:58
    Merci de ta visite Roland
    4
    Julien Daumange Profil de Julien Daumange
    Samedi 5 Décembre 2009 à 10:31
    Merci de ta visite Roland
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