• Marine 2 De retour avec Mireille, dans l'Altheiros...

     

    De retour avec Mireille, dans l’Altheiros

     

     
     

    - C’est quoi cette photo Mireille… ? Pourquoi chuuuuuuut ?.... Un ange passe ?

    - Oui ! lol Chuuuut….c’est moi ! Tu te souviens de ce que tu m’as promis ?

    - Oui, bien sûr que je m’en souviens… Et tu  passais me prendre ? On y va tout de suite alors  ?…

    - Oui, emmène moi ! J’ai envie ! S’il te plaît…

     - Ok, chose promise, chose due ! Mais tu sais, il y a bien longtemps que je n’y suis pas allé. Mais bon, pour toi et avec toi, je veux bien essayer de refaire le voyage. Heureusement que nous sommes deux enfants qui s’aiment, alors peut être bien que ça va marcher… Mais doucement !... Ne faisons pas de bruit, il vaut mieux rester discret… c’est un voyage secret.  Allons y ! Heureusement, je sais encore par où il faut passer. Malgré tout ce temps, je n’ai pas oublié le chemin…

    - Je te suis Serge...c'est toi mon guide !

    - Ok ! Tu vas découvrir le seul endroit au monde ou tout peut redevenir possible ! Où la magie est ordinaire !... Tu verras !... Si ça marche, après ce joli voyage, tu n'auras plus qu’une envie...c'est d'y retourner... Pour toi que j’aime par dessus tout, je vais réinventer le pays de mon enfance.  Bon, je commence……… Chuuuuuuuuuuut,…

    Ferme les yeux et suis moi  !....


    …Il était une fois...

     

    …La maison familiale, abandonnée depuis plusieurs décennies sentait la poussière et le moisi. C’est pour cela que, devenus adultes, peu de personnes osent encore s’aventurer dans cet endroit, devenu peu accueillant. La végétation dense recouvrait tout. Les lianes enchevêtrées formaient, dans leur inextricable fouillis, autant de pièges redoutables.

    Je marchais difficilement, tenant ma chérie par la main, dégageant un passage.

    On n’y voyait pas à deux pas.

    - Ne t’inquiètes pas Mireille, ce ne sera pas très long. Tu sais, lorsque j’étais enfant ces couloirs sombres étaient toujours éclairés, de jour comme de nuit. Faut dire que je l’entretenais mon jardin secret. A chacun de mes passages, je changeais les bougies…Ici, j’étais chez moi et j’y venais souvent. Je me demande ce qu’on va retrouver…

    Bah, on verra bien ! Ferme les yeux, on arrive. Nous allons nous asseoir ici. Viens près de moi, pas la peine de marcher davantage.

    Nous nous assîmes par terre, dans la poussière, à l’angle du corridor noir. Je sentais la main de Mireille trembler légèrement dans la mienne

    - Ne crains rien. Si ça marche, on va très vite franchir cette porte. Je te dirai quand tu pourras ouvrir les yeux…

    Pensant très fort à l’amour que je portais à Mireille, à nos jeux enfantins, je commençais à me concentrer. Sous mes paupières, une lueur bleutée commença à poindre. Je laissais s’ouvrir mon esprit, faisant le vide sur l’accessoire, me concentrant sur l ‘essentiel, sur cette lumière naissante dont l’éclat grandissant me semblait être un signe de bon augure. Rapidement la lumière devint d’un blanc aveuglant et brusquement disparut. J’ouvris alors les yeux sur un jardin magnifique, fleuri et ensoleillé.

    - Tu peux regarder maintenant Mireille, nous sommes arrivés !

    - Wouaaaaah ! Ça change tout Serge !

    - C’est rien de le dire Mireille… Tu vas voir ! Ici tout recommence. Tout ce qui meurt renaît, chaque matin. Viens, prends ma main et avançons.

    Nous prîmes le premier chemin devant nous qui traversait une clairière de part en part. Je caressais de la main au passage l’herbe haute qui montait jusqu’à nos genoux. Je pensais à Maximus, le général romain mort dans l’arène, se dirigeant vers le paradis ou l’attendait sa femme et son fils… Me retournant, je fis un clin d’œil complice à mon tendre amour qui regardait partout autour d’elle, les yeux écarquillés.

    - Ou allons nous ? demanda t-elle

    - Je l’ignore ma chérie ! Peu importe ! Ici tout est magique, illusoire... Les chemins que nous empruntons peuvent très bien disparaître une fois dépassés et se voir remplacés par des cours d’eau ou des broussailles. Nous allons croiser de nombreux animaux qui, l’instant d’après, se verront pourvus d’ailes et disparaîtront en s’envolant.

    - Tu es sûr ? Tu ne te moques pas de moi ?  C’est si beau ici !

    - Dans l’Altheiros, rien n’est programmé à l’avance, rien n’est définitif. Chaque visiteur trouve ce qu’il a envie d’y trouver. Nous sommes dans l’imaginaire et si rien de tout cela n’est vrai, tout y est pourtant bien réel. Il suffit de vouloir, il suffit d’y croire et pfffft ça y est ! Marine m’a fait découvrir tout cela, il y a bien longtemps…

    - Marine ? Tu veux parler de l’elfe blanc que tu avais rencontré ici étant enfant ?

    - Oui ! J’étais à la recherche d’un compagnon quand j’étais petit. J’avais tellement besoin d’un ami à qui parler. Et c’est Marine qui est venue à ma rencontre…

    - C’est curieux tout de même… Je veux dire…que ce soit Marine…un elfe… une…« femme ». Pourquoi ? Alors que c’était d’UN ami que tu disais avoir besoin ?

    - Je l’ignore, bien sûr. D’abord les elfes sont asexués. C’est nous qui leur donnons un sexe. C’est moi qui ai dû vouloir que Marine soit féminine, inconsciemment... C’est parce que je voulais que ce soit elle que c’est elle qui m’est apparue. Mais c’est vrai que ta question me fait réfléchir. Le fait que j’ai choisi une femme pour amie dans mon imaginaire n’est sûrement pas innocent…

    - C’est parce que tu aimes les femmes, Serge ! me lança ma copine en riant…. Et elle partit en courant vers les frondaisons du bois qui jouxtait la clairière dans laquelle nous marchions.

    Sa bonne humeur faisait plaisir à voir. J’étais content pour elle.

    - Serge ! Viens voir !

    Je la rejoignis en quelques pas et je m’agenouillais prés d’elle…

    - Regarde ce grillon, là, à moitié caché dans le sillon. Il me regarde et bouge ses antennes comme s’il me parlait…

    - Mais il te parle Mireille ! Et je peux même te traduire ce qu’il te dit !

    - Serge ! Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop là ?

    - Mais non ! Voila ce qu’il te dit : « Maintenant que tu m’as découvert, aide moi ! Fais en sorte que je puisse voler ! L’herbe est trop haute, je ne vois plus le ciel. J’entends seulement le bruissement de ses ailes, je ne la vois plus. »

    - De qui parle t-il ?

    - Attends, j’écoute !.... Ah ! Voila ! Il dit : « Elle me cherche aussi. Au début du printemps, la prairie était rase et elle pouvait se poser prés de moi. Nous avons passé tout le printemps à jouer et à rire ensemble. Et puis, quand l’herbe a poussée, elle a dû s’envoler pour ne pas rester prisonnière de la végétation, et là, je l’ai perdue… »

    - Je ne comprends toujours pas de qui il parle ?

    - Il ne l’a pas dit mais je pense qu’il doit s’agir de son amoureuse. Ils se sont aimés, et maintenant ils ne peuvent plus se rejoindre car ils ne peuvent plus se voir. L’herbe les cache l’un à l’autre…

    - Ah bon ? Et comment tu sais ça toi ?

    - Peu importe comment je le sais Mireille ! Je le sais, c’est tout ! dis je en riant.  Largue les amarres… Mireille ! Dans l’Altheiros, tout est caprice, illusion, fantaisie !… Ce grillon demande ton aide. Alors voilà ! C’est à toi de choisir ! Ou bien tu fais en sorte qu’il puisse utiliser ses ailes pour s’envoler à la recherche de sa… libellule chérie… ou bien tu attends que le décor change, que le gentil grillon devienne…. scarabée, que tout s’efface en un matin, et qu’un nouveau décor prenne la place de celui-ci !!!

    - Je ne sais pas quoi faire Serge ! Que ferais tu à ma place ?

    -  Je ne peux pas te répondre à ta place Mireille…  Voila bien la seule question à laquelle je ne peux pas répondre. C’est toi qui as aperçu le grillon. Il n’y a donc que toi qui puisses décider ce qu’il convient de faire. Dans l’Altheiros, personne ne peut se mettre à la place de personne. Les désirs et les rêves sont si personnels… qu’ils sont uniques. Il existe autant d’Altheiros que de visiteurs. Si une histoire commencée te plaît, tu peux la mener aussi loin que tu le veux. Si tu t’en lasses, tu l’abandonnes et tu prends un autre chemin. C’est ainsi. Tu es véritablement la seule à décider. Personne ne peut t’aider…

    - Alors… ton histoire à toi avec Marine, celle que tu m’as racontée, elle n’était pas vraie ?

    - Bien sûr que si qu’elle était vraie, mon histoire ! Puisque moi j’y ai crû ! Quand je la raconte, aux enfants, ils n’ont eux aucun doute. Ils me posent même plein de questions sur mon elfe blanc et je réponds à toutes les demandes d’explications. Tu sais bien Mireille…Moi, j’y crois et donc, c’est vrai !... Les enfants savent cela bien mieux que nous, car dans leur innocence ils savent mener leurs rêves.

    Alors ? Que décides tu pour ce gentil petit grillon qui bat toujours frénétiquement de ses antennes en te regardant ? Il attend ta réponse !

    -  Je vais lui donner des ailes ! Je ne peux pas passer mon chemin et faire comme s’il n’avait rien demandé, s’il n’avait jamais existé. Ce serait trop cruel ! Et puis j’aime les histoires d’amour impossibles ! Pour une fois que je peux faire quelque chose, même si ce n’est que pour un petit grillon, même si c’est pas pour de vrai, je veux que lui et sa libellule se retrouvent, je veux qu’ils s’aiment à nouveau…. Je veux….Mais au fait …comment je fais pour lui qu’il puisse s’envoler ?

    - Facile Mireille ! Tu le regardes en souriant ! S’il lit dans tes yeux que tu l’aimes et que tu désires l’aider, il le comprendra. Tu verras alors ses ailes se déployer et il s’envolera…

    Sitôt dit, sitôt fait ! Les yeux de Mireille se mirent à briller, pétillant d’une telle tendresse que le petit insecte disparut d’un coup à nos yeux…

    Bien sûr, nous ne sûmes jamais si le petit grillon retrouva sa libellule car brusquement, le décor changea…

     

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