• Le suicide aboutit à un mot...

     

     

    Le suicide aboutit à un mot….,

     

    …..mais ce sont les autres qui le prononcent.

     

    Oui. Le mot prononcé n’est jamais, vraisemblablement, le bon.

    On ne peut pas savoir, et on ne saura jamais, la ou les véritables raisons de ce geste ultime.

    Peut on parler de « raisons » d’ailleurs ? Car s’il est un acte qui échappe à la raison de ceux qui restent, c’est bien celui ci.

    L’instinct de conservation est commun à toutes les espèces vivantes. C’est même l’instinct le plus fort, paraît il…Alors qu’est ce qui pousse un être humain à le transgresser ?

    A-t-on déjà vu un animal se suicider ? Non, car les animaux n’ont pas conscience d’eux-mêmes. Ils ne sont que des traits d’union dans l’univers et n’ont donc pas le pouvoir de rompre la chaîne qui les relie entre eux, en disposant de leur vie.

    L’homme, si ! L’homme peut rompre les liens.

    Et, comme je crois que nous sommes tous unis de façon inconsciente, par de mystérieux fils invisibles mais puissants, je ne sais quel est le fil que le suicide coupe mais le traumatisme qui en découle est à la mesure de son importance.

    Un peu comme lorsque, d’un coup de pied, on brise le cheminement d’une colonne de fourmis. Elles se mettent à tourner dans tous les sens à l’endroit de la cassure, complètement perdues.

    Et il faut ensuite « un certain temps » pour le calme revienne et que reprenne la procession.

    Car c'est chaque fois un interdit que l'on brise. Une sorte de sceau que l'on rompt. Un pacte, « interhumain »…

    D'ou le sentiment de culpabilité ressenti par les proches.

    Ils cherchent, « les indices précurseurs », afin que, comme pour les grandes tragédies, « Plus jamais ça » !

    Ils se  demandent, angoissés : « Aurais-je pu l’empêcher ? Qu’est ce que j’ai raté ? En quoi lui ai-je manqué ? »

    Ces questions sont inévitables qui permettent à notre esprit de continuer à fonctionner, car il se refuse à admettre l’absence de sens, l’absurdité, l’inenvisageable.

    On pense : « Ce n’est pas possible. C'est moi qui n'ai rien vu, c'est moi qui n'ai pas su. C’est de ma faute. »

    En s’attribuant une part de responsabilité, on permet à notre esprit de continuer à chercher une issue, un échappatoire.

    On tourne autour du suicide comme on tournerait autour d’une maison sans portes ni fenêtres.

    Cette absence d’ouverture, nous obsède. Nous creusons des galeries, nous escaladons des parois, nous ne renonçons pas.

    Sentiment de vide mais aussi d'exclusion.

    Sentiment d’être abandonné sur le chemin, comme un enfant…

    Silence étourdissant de celui ou de celle qui est parti.

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