• Des rêves…. Et ce qu’ils deviennent…


    Des rêves…. Et ce qu’ils deviennent…<o:p></o:p>

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    Antoine avait toujours beaucoup rêvé…

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    Forcément…

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    On lui avait volé très tôt son présent, et l’avenir, on s’en occupait pour lui.

    <o:p></o:p>Pour son bien, maman veillait au grain.

    <o:p></o:p>Elevé dans du coton comme on dit… Protégé, très protégé….

    Le bonheur parfait !

    Tant qu’il ne mettait pas le nez dehors….

    <o:p></o:p>Restait donc, pour lui, l’imaginaire… !

    <o:p></o:p>Dans cet espace réservé, le seul possible, Antoine évoluait en maître absolu. Tout lui était permis….Modelant le monde à sa convenance, tout devrait plus tard, lui sourire…et si cela ne se passait pas comme il le souhaitait, et bien, il changerait la vie !

    Deux branches parallèles se développèrent  ainsi, opposées et contradictoires, jusqu’à former à l’âge adulte, l’ossature de sa personnalité.

    D’un côté le désir croissant et exacerbé de vivre pleinement ses rêves et de l’autre la sensation accrue du danger que cela représentait. Danger de cette réalité extérieure que  maman occultait, de cette peur de l’inconnu, formellement interdit.

    <o:p></o:p>Curieux mélange avec lequel il allait falloir se débrouiller…

    <o:p></o:p>Maman choisit donc l’avenir d’Antoine, à sa convenance, c'est-à-dire sans risques…

    <o:p></o:p>L’idéal pour maman, c’était la fonction publique, la sécurité de l’emploi.

    <o:p></o:p>Bien sûr, Antoine avait un peu renâclé, cela ne semblait pas du tout en accord avec ses idéaux… Mais que faire quand maman se mettait en colère devant les fantasmes de son jeune garçon….

    Comme on dit, la réalité nous rattrape toujours. Ce qui signifie que l’on tombe tous, un jour ou l’autre au bord du trottoir. Sauf que certains tombent de plus haut et parfois de beaucoup plus haut…

    Ambitieux mais prudent, Antoine, comme tout le monde, se fit mal aux genoux en tombant. Bah ! Ce n’était pas très grave mais néanmoins suffisant pour réfléchir et ne pas recommencer. Maman n’était plus là…

    <o:p></o:p>Très en retard Antoine…

    Il comprit, plus tard, beaucoup trop tard sans doute, que l’exacerbation des désirs mélangée à la peur de l’inconnu induit inévitablement au besoin de se protéger et donc de tricher.

    Et ce faisant, « les progrès en amour furent donc assez lents ». Ce titre d’un livre de Jean Paulhan lui avait beaucoup plu alors qu’il n’en comprenait pas encore le sens.

    <o:p></o:p>Il est difficile, en ayant un sens très aigu du danger, de s’y plonger, sans réfléchir,  la tête la première. Craintif et très sensible à la douleur, Antoine ne se risquait donc dans l’inconnu qu’a doses homéopathiques et savamment calculées.

    Pendant ce temps, les années défilaient… Pendant qu’il tentait vainement d’ajuster ses rêves aux réalités de la vie, la vie, elle, n’attendait pas !

    Les erreurs, les absences, les manquements, s’accumulaient, laissant des traces indélébiles qui deviendraient plus tard les cicatrices de son vécu.

    <o:p></o:p>Ce qu’il avait raté en chemin n’était plus rattrapable…  

    <o:p></o:p>Que reste t-il enfin, quand tombent les vieux habits, les uns après les autres et qu’il fait toujours aussi froid ?

    Ce soir là, Antoine fit du feu dans sa cheminée.

    <o:p></o:p>Vivre nu n’est pas possible.

    Alors, comme il n’était pas riche, Antoine acheta des habits d’occasion.

    Peu importe, il ne méritait pas plus.

    Seulement, cette fois, en s’habillant devant le feu qu’il venait d’allumer, Antoine prit soudain conscience que ces habits étaient les siens, et que l’endroit ou il se trouvait c’était sa maison.

    <o:p></o:p>Il savait qu’il était chez lui et qu’ici, tout ce qui l’entourait lui appartenait, en propre.

    Il connaissait maintenant le prix des choses. Et si tout ce qu’il possédait ne valait pas grand-chose, c’était tout ce qu’il pouvait s’offrir et cela durerait le temps qu’il voudrait.

    <o:p></o:p>Peu importait désormais.

    <o:p></o:p>Ayant perdu toutes ses illusions, il retourna vivre dans ce qui restait de ses rêves, conscient maintenant de ce qu’ils valaient.

    <o:p></o:p>Et ils valaient chers, ses rêves…..

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    « 2008 ....Nicole »

  • Commentaires

    1
    visiteur_starletteoh
    Dimanche 16 Novembre 2008 à 22:26
    "Savez-vous quel est le plus sûr moyen de rendre votre enfant misérable, c'est de l'accoutumer à tout obtenir" écrivait Rousseau dans Emile.
    Comme quoi, se construire est aussi difficile que de vouloir être soi même....
    Nous sommes contraints de vivre dans des paradoxes et nos rêves sont l'échappatoir à ce monde idyllique.
    Merci Julien pour tes textes qui sont toujours une joie à lire !
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