• Chikou, Chapitre VIII


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    Pendant plusieurs mois, Chikou demeura seul, se cachant dans les fourrés pour dormir, mangeant des insectes ou des rats prés des décharges sauvages ou ils se cachaient. Ses blessures cicatrisées, il survivait, tournant en rond, ne sachant pas trop quelle direction prendre. Il était loin de la ville maintenant et il se demandait souvent ce que pouvait bien devenir ses amis….

    Chikou évitait désormais la proximité des lieux fréquentés par les humains. Il savait maintenant se nourrir et ses prises suffisaient à calmer, la plupart du temps, son estomac. Il avait plusieurs fois croisé la route d’un autre chat, pas loin d’une maison. Blanc et noir, le pelage soyeux, l’air renfrogné et peu aimable, il observait Chikou à distance, et reprenait sa marche nonchalante dés que celui ci s’était éloigné. Il semblait à la fois calme et attentif. On aurait pu le croire fatigué mais son regard vif, pointu, inspirait la méfiance. Chikou pensa qu’il ressemblait un peu à Sam, par l’impression de force tranquille qu’il dégageait. Respectant son attitude, il ne s’était donc jamais approché.

    Un jour, alors qu’il furetait dans les détritus d’une décharge sauvage, Chikou repéra un succulent morceau de viande bien appétissant. La faim le tenaillait car les jours précédents, la chasse n’avait pas été bonne. Seulement ce délicieux repas posait un problème de taille. Il se trouvait enfermé dans une sorte de boite ouverte d’un seul coté. Méfiant, Chikou suspecta un possible piège. Il tourna un moment autour de ce qui ressemblait à une cage et il ne vit rien de louche. Cependant il fallait entrer dans la boite pour s’emparer de la viande…et Chikou hésitait…Ce parfum pourtant, qui contractait les muscles de son estomac…La faim commandait. Très doucement, il avança le museau vers l’entrée.

    Rien ne se passa. Il allongea une patte…Rien ! Il se rapprocha pas à pas, en rampant, vers ce bout de viande qui l’attirait comme un aimant. Lorsque son corps fut engagé aux trois quarts dans la boite, une grille tomba sur ses reins. En tentant de se dégager, il provoqua la fermeture complète du piége. Prisonnier ! Il était prisonnier ! De dépit, il feula bruyamment mais son cri, ridicule, ne fit qu’accentuer sa colère. Il en oublia son repas, se maudissant d’avoir cédé bêtement à la tentation. Il était bien avancé maintenant ! Qu’allait il se passer ? Pris au piége. De qui ? De quoi ? Pourquoi ? …Il se retourna dans la cage et inspecta la grille. Elle laissait passer la lumière mais elle empêchait tout retour en arrière. Il tira dessus avec ses griffes, en miaulant, appelant une aide qui ne viendrait pas. La peur prit possession de son esprit. Plus faim du tout…. Le morceau de viande, intact, ne l’attirait plus. Qu’allait il se passer maintenant ? Il tourna en rond un moment dans la cage, taraudé par une angoisse obsédante. Puis, brusquement, ses nerfs a vifs le lâchèrent. Impuissant, il s’aplatit sur le ventre, le museau pointé vers la lumière entre ses pattes de devant, les yeux exorbités. Il demeura ainsi, silencieux et immobile…

    Toute la nuit, il avait veillé. Le calme de la campagne accentuait cette sensation d’oppression qui le faisait trembler de façon ininterrompue. Rien ne bougeait et pourtant il ressentait un grand tumulte dans son esprit et dans son corps. En proie a des sentiments violents, Chikou attendait. Que pouvait il faire d’autre ? Il avait renoncé à se débattre. Les parois de la cage étaient solides et la grille ne bougeait pas d’un pouce quand ses griffes s’acharnaient sur ses barreaux.

    Au petit matin, il entendit des pas. Un homme venait dans sa direction. Il n’en fut pas étonné car il se doutait bien que cette cage ne pouvait être que l’œuvre d’un humain. Aucun animal ne savait bâtir des piéges.

    L’homme s’approcha et brusquement, l’obscurité se fit. Il avait sans doute enveloppé la cage d’un tissu épais, privant ainsi Chikou de toute visibilité. Il sentit qu’on soulevait sa prison et que l’homme repartait en la portant. Le grincement d’une porte que l’on ouvre et que l’on referme, le bruit d’un moteur qui démarre, les cahots de la route…

    Pour finir, le silence, de nouveau… On avait posé sa cage, mais il ne savait pas où. Vraisemblablement dans une maison, dans une pièce, chauffée, car la température s’était soudainement élevée. Des odeurs, mais indéfinissables. Un mélange d’odeurs plutôt. Entêtantes, désagréables, qu’il ne parvenait pas à identifier. Et pour cause…Il ne les avait jamais respirées. Le temps qui passe. L’angoisse, la peur... Et puis, d’un coup, la lumière, de nouveau. Un homme vient d’enlever le voile qui recouvrait sa cage. On le soulève. Une porte s’ouvre. Des rangées d’étagères garnies de boites metalliques identiques à la sienne. Du bruit,… beaucoup de bruit, soudain. Des cris d’animaux, des plaintes, des miaulements, tristes ou apeurés. Des aboiements de chiens, un peu plus loin. Des gémissements.

    L’homme déposa la cage de Chikou sur une étagère. En face de lui, sur une autre étagère, des chats. Des chats dans des boites, des chats qui ne le voyaient pas. Des chats indifférents à tout, absents, dont  les yeux, inexpressifs, ternes, voilés semblaient doucement s’éteindre. Et toujours ces odeurs écoeurantes… 

    « Ou suis-je ? » pensa t-il. « Quel est cet endroit ? » Pourquoi ? Que se passe t-il ?  Qu’est il arrivé à ceux là ?

    Ne parvenant pas à réprimer les tremblements de son corps, Chikou s’aplatit de nouveau sur le sol de sa cage. Il ne pouvait détacher ses yeux de tous ces visages, en face de lui. Les visages de ses semblables dont la vie semblait absente, ces yeux qui ne le voyaient plus.

    «Ce n’est pas possible ! pensa t-il. Je dois faire un horrible cauchemar ! Je vais me réveiller !».

    Une fenêtre, une lucarne plutôt, laissait filtrer un peu de lumière dans la pièce. Le soir tombait. Chikou apprécia l’obscurité naissante qui masquait progressivement les visions  insoutenables de ses compagnons moribonds.

    Quand la nuit fut totale, seuls les bruits et les odeurs persistèrent. Mais chaque seconde semblait une éternité et Chikou, épuisé par ses angoisses, ferma les yeux, terrassé par la fatigue.

    Plusieurs jours passèrent ainsi. Dans la journée, un homme venait, toujours le même. Il prenait une cage, revenait en prendre une autre et ainsi de suite jusqu’au soir. En fin d’après midi, il remettait les cages en place et Chikou remarquait alors que leurs occupants, soit avaient disparu, soit ne bougeaint plus. Pendant la nuit, il s’éveillaient et miaulaient doucement.

    Chikou n’avait aucun moyen de savoir ce qui se passait ici. Que faisait on a ses semblables ? Il l’ignorait. Il avait cependant remarqué qu’a leur retour certains animaux avaient été tondus soit sur le flanc soit sur la tête et qu’une sorte de tuyau s’échappait de la tonsure pour se perdre il ne savait pas où. Parfois aussi, un des chats portait un drôle de casque en métal sur la tête, relié à des fils. Une chose sûre cependant. Tous les animaux qui revenaient le soir dormaient ou s’ils avaient encore les yeux ouverts, ils paraissaient complètement amorphes.

    Un jour, à la place laissée vide par un de ses congénères qui, le soir venu, n’était pas revenu, un homme déposa une cage dans laquelle il reconnut une de ses connaissances récentes. Il s’agissait du chat blanc et noir qu’il avait souvent croisé, prés de la maison, avant d’être capturé. Il lui avait fait penser à Sam par son allure. Ils ne s’étaient jamais parlés.

    Etendu dans sa cage, il dormait, couché sur le flanc. En fin de journée, il se réveilla, s’étira longuement et reconnut, lui aussi, Chikou.

    - Je me suis fait avoir, dit il, après avoir jeté un regard sur les cages, en face de lui.

    - Moi aussi, répondit Chikou. J’ai été assez bête pour entrer dans cette cage….J’avais trop faim…

    - Non ! Moi, ya longtemps que je sais que ces cages sont des pièges. Ils m’ont piqué, ces maudits chasseurs !

    -Piqué ?

    -Oui. Quand j’ai senti leur présence, j’ai déguerpi, mais c’était trop tard.

    - Mais piqué par quoi ?

    - Ils ont des tubes par lesquels ils lancent une sorte de fléchette qui t’endort. Je ne me suis pas sauvé assez vite…Ils m’ont piégé comme ça parce qu’ils ont compris que je ne rentrerai jamais dans leur cage…

    - Comment savais tu qu’il s’agissait de piéges…

    - Parce que j’ai vu des chats, comme toi, se faire avoir…

    - Sais tu ou nous sommes ici ?

    - Aucune idée ! Mais sûrement encore dans un endroit pourri. Avec les humains c’est jamais bon !…Enfin non,… c’est rarement bon…il y a longtemps que tu es ici ?

    - Je ne sais pas, mais assez longtemps quand même pour savoir qu’effectivement il ne faut rien attendre de bon de cet endroit. Si tu as regardé autour de toi, tu peux comprendre tout de suite…

    - Oui. Il faut sortir d’ici.

    - Sortir, mais comment ?

    - On verra. Pour l’instant, observer.

    - Je peux savoir ton nom ?

    - Oui. Marx ! Et toi ?

    - Marx ? C’est toi Marx ?

    - Oui, pourquoi ? On se connaît ?

    - Non, pas vraiment. On s’est croisé mais j’ignorai ton nom. Par contre, j’ai entendu parler de toi…

    - ???

    - Oui. Par une de tes amies. Mélika.

    - Mélika ? Tu connais Mélika ?

    - Oui. Et aussi sa fille, Manouche.

    - Je ne savais pas qu’elle avait une fille. Bon dieu ! Melika ! Où est elle ? Où vit elle à présent ?

    - Dans la zone. C’est dans la ville, assez loin d’ici. Elle a été recueillie par une bande de chats dont je faisais partie. C’est la qu’elle m’a parlé de toi…et de ta mère…Lona… je crois…

    - Oui, Lona est morte, ça fait longtemps…

    Un voile de tristesse assombrit le regard pointu de Marx.

    - Ainsi, tu connais Mélika. Poursuivit Marx. Alors nous sommes frères à partir de maintenant. Et nous partirons d’ici ensemble.

    - Partir oui, mais comment ?

    - On va y travailler. Si ces salauds d’humains nous en laissent le temps. C'est quoi alors, ton nom ?

    - Chikou.

    Marx se tût mais son regard se durcit de nouveau et il se coucha dans sa cage. Il paraissait indifférent aux bruits incessants de la pièce et aux odeurs ambiantes, mais Chikou devinait que cet air impassible et distant cachait une grande sensibilité. Marx devait être très pudique sur ses sentiments. En tout cas, il était sans illusions concernant les humains.

    Deux autres jours passèrent sans qu’aucune possibilité de fuite n’apparaisse. Ils étaient pourtant vigilants mais la procédure de départ et de retour des cages était trop monotone. Seul espoir, c’était que l’homme ferme mal la cage ou oublie de la fermer. En ce cas seulement ils pourraient sortir de leur prison. Mais restait encore à comprendre comment sortir de cette pièce et ensuite de la maison.

    Et puis, un jour, l’homme préposé aux cages souleva la cage de Chikou et sortit avec lui de la pièce.

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    Une fois réveillé, Chikou ressentit immédiatement le besoin de se gratter. Son flanc droit le démangeait. Une sonde s’enfonçait dans sa chair mais il ne pouvait pas la voir car on avait fixé une collerette autour de son cou. Lourde, si lourde, sa tête, bourdonnait et résonnait comme un tambour. Il tenta de se retourner mais un gémissement de douleur s’échappa de ses lèvres et il retomba sur le coté. Marx le regardait. Son expression avait perdu sa dureté. Il fixait Chikou, rempli de compassion et de colère. Pendant un long moment il ne dit rien, tournant inlassablement dans sa cage, en proie à une agitation de plus en plus grande. Lorsqu’il vit que Chikou le regardait il demanda :

    - Comment te sens tu ?

    La voix de son ami paraissait lointaine… Comme il est loin...pensa Chikou

    - Je suis fatigué répondit il, tellement fatigué…

    - Ils t’ont endormi. Tu viens de te réveiller. Ne bouge pas. Ça va passer.

    Chikou referma les yeux. Toute la nuit, Marx veilla sur le sommeil agité de son ami. Le lendemain, le va et vient des cages reprit, mais les deux chats ne furent pas dérangés. Le troisième jour, Marx se leva brusquement et fit vibrer les barreaux de sa cage quand l’homme revint saisir la boite dans laquelle était enfermé son ami. Mais l’homme, indifférent, ne fit pas attention à lui. Le soir, il reposa son patient sur l’étagère et repartit. Marx observa attentivement son ami, étendu sur le flanc gauche mais réveillé. Il ne semblait pas aller plus mal. Visiblement on n’avait pas aggravé on état.

    D’autres jours passèrent. Les cages se vidaient de leurs occupants, d’autres animaux les remplaçaient. Les chiens paraissaient souffrir beaucoup car ils gémissaient de façon continue. Les souris, nombreuses, mouraient sans se plaindre. Les couinements des singes, la nuit, perçaient les tympans. Le flanc droit de Chikou s’était infecté. Il ne pouvait presque plus bouger la jambe. Les humains nettoyaient périodiquement sa blessure mais il s’affaiblissait chaque jour davantage. Ne pas pouvoir se lécher augmentait encore son abattement. Il évitait cependant de gémir car il se rendait compte que Marx en souffrait, supportant de plus en plus mal son impuissance à l’aider. Et puis, son tour allait venir, c’était inévitable…

    Une nuit, un peu moins bruyante que les autres, Chikou, toujours étendu mais les yeux grands ouverts, vit soudain devant lui, deux petites souris qui s’agitaient devant la grille de sa cage. Marx, debout dans la sienne, les regardait aussi, étonné. Elles se mirent à trafiquer le loquet de fermeture avec leurs pattes de façon désordonnée mais petit à petit celui ci fut repoussé et la grille s’entrouvrit. Chikou, hébété, tenta de redresser la tête mais il n’y parvint pas. Marx, devinant une opportunité, s’agitait fébrilement sur les barreaux de sa cage. Alors, Chikou, articulant difficilement, parvint à s’adresser à l’une des souris:

    - Ouvre la cage qui est en face de moi… C’est lui qu’il faut libérer... Moi, je n’ai pas la force de me lever.

    Elles le regardaient sans comprendre. Avec les yeux, Chikou, désignait la cage de son copain mais manifestement, elles ne comprenaient toujours pas. Au bout d’un moment, elles partirent, laissant la cage de Chikou ouverte. Marx, en face de lui devenait de plus en plus nerveux. Une heure ou deux passèrent. Chikou, comprenant que s’il ne faisait rien, la cage serait refermée le lendemain et qu’il finirait par mourir bientôt avec Marx dans cette pièce lugubre, se remit sur pieds en gémissant. Sur trois pattes, il s’avança prés du bord de l’étagère, mais il ne tarda pas à s’apercevoir qu’il lui était impossible de sauter pour rejoindre Marx. Que faire ? Sa vue se brouillait et il dut s’asseoir, tant bien que mal, en gémissant doucement.

    Quelle ne fut pas sa surprise quand trois souris revinrent vers lui en trottinant. Malgré sa vue brouillée, il reconnut Zara et deux des copines de la décharge. Zara demanda :

    - Ton copain, là, en face, on peut lui faire confiance ?

    Chikou fit signe que oui.

    Alors les deux autres souris, sur un signe de Zara, ouvrirent la porte de la cage de Marx. Celui-ci bondit sur l’étagère prés de son ami, et dit :

    - Il faut sortir d’ici ! Maintenant ! Fais un effort Chikou ! Saute par terre ! Après, je me charge du reste !

    Chikou ferma les yeux et se laissa tomber sur le sol. Sa blessure s’ouvrit. Marx sauta aussitôt prés de lui, arracha la sonde qui pendait de son ventre, déchira la collerette autour de son cou et lécha la plaie de son ami un long moment. Les trois souris, devant eux, indiquaient la direction à suivre. Cette agitation inhabituelle excitait les animaux encore assez valides pour pouvoir s’exprimer. Les singes piaillaient, hurlaient, les chiens aboyaient, le vacarme devint assourdissant. Chikou, serrant les dents, se remit debout et suivit Marx et les trois souris.

    Dans un coin de la pièce, derrière quelques cages vides posées au sol, ils découvrirent un petit trou, assez large pour laisser passer une souris mais pas assez grand pour un chat. Sans qu’il soit nécessaire de lui expliquer ce qu’il convenait de faire, Marx se mit à gratter le sol avec frénésie afin d’agrandir le passage. Il s’obstina ainsi pendant une heure. Les trois souris étaient reparties ouvrir d’autres cages. Elles libérèrent en premier leurs congénères mais seul un petit nombre d’entre elles eurent la force de les suivre. Puis, avec appréhension, elles libérèrent les singes, les chiens, et enfin, les chats. Aucun de ces derniers, trop heureux de pouvoir s’enfuir, n’eut l’idée saugrenue de sauter sur les souris. Tout le groupe se dirigea ensuite vers l’angle de la pièce ou Marx, finalement, était parvenu à agrandir suffisamment le trou pour permettre le passage des chats. Il dût cependant mettre de l’ordre dans la pagaille des survivants qui se bousculaient, pressés de sortir les premiers. Heureusement, la plupart des animaux étant trop faibles pour se défendre, il parvint à libérer de l’espace autour de lui. Il poussa alors Chikou du museau, vers l’orifice qu’il venait d’élargir. Celui-ci se mit à plat ventre et, non sans mal, parvint à se faufiler vers la sortie. Les autres chats suivirent et enfin les souris. Ils se retrouvèrent dans une cour qui entourait le bâtiment qu’ils venaient de quitter. Zara reprit la direction des opérations et les conduisit jusqu’à un portail. Derrière eux, on entendait le grattement forcené des chiens s’escrimant à agrandir encore le trou afin de pouvoir sortir à leur tour. Devant le portail, les souris et les chats passèrent au travers des grilles. Les singes n’eurent aucun mal à escalader le mur entourant le jardin, mais les chiens allaient devoir chercher un espace assez grand pour franchir le mur. Comme l’enceinte s’étendait sur plusieurs mètres autour du bâtiment il devait être possible, en cherchant bien, de trouver une issue. Mais ce n’était plus le problème des souris et des chats.

    Une fois dehors, les animaux valides ne mirent pas longtemps à s’éparpiller dans la nature. Les plus handicapés durent s’arrêter souvent pour reprendre quelques forces et continuer.

    Chikou demeurait allongé prés du portail, épuisé par les efforts qu’il avait dû fournir pour parvenir jusque là. Marx  léchait abondamment la blessure de son flanc droit qui saignait toujours. Zara et ses deux copines, un peu plus loin, attendaient. Cependant il ne fallait pas rester là trop longtemps car le jour allait bientôt se lever et les hommes ne tarderaient pas à partir à leur recherche.

    L’aube pointant le bout de son nez, Zara s’approcha des deux chats et leur fit comprendre qu’il était temps de s’éloigner. Marx lécha le museau de Chikou qui ouvrit un œil comprenant qu’il fallait repartir. Puisant dans ses faibles réserves d’énergie, il se leva, et, en claudiquant toujours sur trois pattes, il se remit en marche, suivi par Marx. Les trois souris menaient la marche. Après deux longues heures, ils parvinrent à la limite d’une forêt dans laquelle ils s’enfoncèrent. Sous un arbre abattu par le vent, dont les frondaisons épaisses et encore vertes dissimulaient de nombreux refuges, ils se tapirent dans un creux, espérant s’être suffisamment éloignés d’éventuels poursuivants.<o:p></o:p>


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